Lundi 23 février 2009
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L'ancien
Premier ministre était le 22 février 2009, l'invité de "Dimanche soir politique". Il nous donne ici des éclaircissements nécessaires pour comprendre l'origine des maux qui rongent la société
guadeloupéenne.
"Le drame c'est que cette affaire momentanée de pouvoir d'achat frappe une île en sous-développement économique depuis
très longtemps. [...] Depuis la fin de la seconde guerre mondiale les républiques IV et V se sont très très mals occupées des départements d'Outre-mer en général et de la Guadeloupe en
particulier.
Premier exemple la richesse économique principale. Elle a d'abord été le sucre de canne, l'exploitation sucrière, et nous
avons comme des fous encouragé le sucre de betterave parce que nos betteraviers d'Ile-de-France et du Nord-Pas-de-Calais étaient plus puissants, plus riches, plus influents. Et on a presque
étouffé le sucre de canne, ce qui est terrible et maintenant c'est mort. Il n'y plus grand chose à espérer.
Le deuxième drame est plus sinistre encore. La Guadeloupe [...] est victime de son collectif d'importateurs. On importe
l'essentiel de ce que l'on mange, on importe l'essentiel de ce que l'on utilise comme objet et il n'y a pas beaucoup d'industrie et pas assez de production agricole locale. Et le collectif des
importateurs joue de son influence pour empêcher que l'on crée des entreprises locales. [...] Il faut dire qu'en laissant ce jeu d'influences pour ceux qui font de l'argent à court terme et qui
ne contribuent pas à un développement global, que c'est absolument terrifiant.
La troisième catastrophe, c'est qu'on a rajouté, pour les fonctionnaires locaux, une prime de salaire de 40% de plus que
le salaire métropolitain qui fait que tout le monde veut aller dans la fonction publique et que plus personne ne veut produire. Puisque ces 40% sont en plus que le salaire moyen privé dont le
salaire de la fonction publique devrait être proche."
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