Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 13:11

Pour faire un bilan de cette période il faut se poser la question suivante : qu'est-ce qui marche mieux aujourd'hui qu'il y a deux ans? Rien d'évident, ni dans les domaines de la justice, de la santé, de l'éducation, ou de la recherche... Il semble que le choc de défiance ait succédé au “choc de confiance” décrété par Nicolas Sarkozy à ses débuts. Sur les six derniers mois le chômage a progressé de 60000 personnes par mois, la détaxation des heures supplémentaires n'y est pas étrangère. D'autant plus qu'elles contribuent un peu plus à vider les caisses, tout comme le paquet fiscal dénoncé par la gauche et remis en cause par de nombreuses personnalités de droite. Pouvoir d'achat en baisse, refus d'augmenter le SMIC, dans ce contexte la précarité explose, les manifestations se multiplient, la contestation gagne du terrain de façon inédite.
Et qu'on ne mette pas ces chiffres sur le compte de la crise: elle a produit ses premiers effets sur l'économie réelle à l'automne 2008, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy avait déjà chuté. De plus, deux erreurs importantes ont été commises: un défaut de prévision et un plan de relance sous-dimensionné. Les deux sont liés d'ailleurs, car comment prendre la pleine mesure du problème quand Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, déclare le 21 août 2007 sur BFM: "Je pense qu'on a le gros de la crise derrière nous". Une telle sortie fait écho à la promesse de campagne du candidat Sarkozy de développer le crédit hypothécaire, celui-là même qui est un des facteurs de la crise des subprimes américaines. On attend toujours la réalisation des mesures contre les parachutes dorés : "Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes, parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes" (19/04/2007). Bientôt deux ans de pratiques détestables et toujours pas de loi. Pourtant l'actuel président n'a pas oublié de s'octroyer l'équivalent d'un "golden hello" peu après son élection : + 172 % d'augmentation de salaire et un budget de l'Élysée qui explose. Difficile à admettre par les temps qui courent.
Tout n'est pas négatif cependant, on pourra citer les six mois de présidence européenne, mais on est vraiment loin de la portée historique du couple Mitterrand-Kohl. D'autant plus que la politique étrangère dans son ensemble est catastrophique: de la poignée de main de Bush à celle de Kadhafi, en passant par le retour dans l'OTAN, sans oublier la Françafrique qui persiste.
Qui peut croire aujourd'hui que Nicolas Sarkozy va profondément réformer le capitalisme? Tout comme José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne sortante, il s'est fortement engagé contre l'ingérence de l'État dans l'économie et a vanté les mérites du modèle libéral. Plus grave encore, l'Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE) et le Fonds Monétaire International (FMI) ont montré que si la France s'en sortait mieux que ses voisins c'est grâce aux "stabilisateurs automatiques" plus développés chez nous: les dépenses sociales et minimas sociaux amortissent immédiatement la crise et l'emploi public important constitue un frein à la baisse de la consommation. Or ces "stabilisateurs" ont été systématiquement attaqués par Nicolas Sarkozy tout acquis à son idéologie libérale. Le temps est venu de sanctionner fermement une politique néfaste et inefficace.




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Commentaires

N'est-ce pas un peu tôt pour se plaindre que les réformes engagées n'ont pas encore produit les effets escomptés ? Il faut juger le maçon une fois l'ouvrage achevé.

cela dit, il est bien sûr possible d'avoir un avis sur les travaux en cours. Mais conclure que "ces stabilisateurs ont été systématiquement attaqués par NS tout acquis à son idéologie libérale", c'est pas seulement caricatural, c'est faux.

Je vous recommande la lecture des "réformes ratées du président Sarkozy". Les 2 auteurs, économistes sérieux, expliquent au contraire que l'obsession du consensus a jusqu'à présent nui à la qualité des réformes. La paix sociale n'est-elle pas une réalité depuis 2 ans ? La vérité c'est que la France ne s'anglicise pas et conserve son "modèle" social. L'UMP mène (avec des gens de gauche) une politique bien plus "à gauche" que les travaillistes.

Crier à l'ultra libéralisme sonne donc un peu ridicule. Le PS devrait plutôt préciser ce qu'il ferait à la place (en privé, les apparatchiks de Solférino disent que les réformes engagées sont effectivement à faire...), assumer l'économie de marché qu'il pratique au pouvoir et oser dénoncer sans complexe les sornettes de l'extrême gauche. Ce serait moins démago, et peut-être même efficace...
Commentaire n°1 posté par Sully le 25/05/2009 à 14h08
N'en déplaise à Colbert-Sully, le bilan est désastreux.

Réforme des hôpitaux massivement rejetée par les personnels, réforme de l’Université massivement rejetée par les enseignants, chercheurs, présidents d’université et étudiants, réformes judiciaires contestées de façon massive et inédite par magistrats, avocats, et gardiens de prisons, réformes fiscales dénoncées par la majorité des français et tous les économistes sérieux, etc …

Dénominateurs communs : défense des intérêts  des puissants, injustice sociale, et inefficacité économique.

  
Commentaire n°2 posté par Ajax le 25/05/2009 à 15h53
Il faudra peut-être un jour écrire un article sur la politique de communication de Nicolas Sarkozy. Non je ne parle pas des footings présidentiels, ni de Mme Carla-Jacky-Bruni-Kennedy qui ne lasse pas de nous étonner dans son rôle de petite fille sage. Je fais plutôt allusion à la politique d'ouverture, sortie du chapeau après avoir vanté durant toute la campagne les mérites de la droite décomplexée. Il fallait bien lisser les aspects les plus inquiétants du personnage, autant adulé d'un côté que haït de l'autre. On pourrait aussi parler de l'attitude des ministres du gouvernement pour qui le mot "récession" ne faisait pas partie il y a peu du vocabulaire. Le mot "libéral" est tout aussi tabou, qui se dit libéral aujourd'hui à droite ? Voilà pourquoi je souris quand on me dit que la gauche a des problèmes à assumer l'économie de marché (Il n'est pas fait mention dans l'article à l'ultra-libéralisme, qu'est-ce que Sully voulait dire par là ?)

Concernant le Royaume-Uni je sais, pour y avoir été salarié 2 ans et demi, que c'est un pays fort difficile où il n'est pas rare de voir des vieillards travailler et des sujets de sa Majesté venir se faire soigner en France. Ca n'est pas Sarkozy qui mène une politique plus à gauche que les travaillistes mais la France qui est structurellement bien plus à gauche que le Royaume-Uni.

Et enfin pour ce qui est du bilan fait trop tôt, il faut d'abord poser la question aux journalistes, quasiment chaque quotidien s'étant prêté à l'exercice. Dans le cas particulier de Nicolas Sarkozy ça n'est pas un problème car l'individu a vanté son hyper dynamisme tous les soirs dans le téléviseur, a déclaré vouloir provoquer un "choc de confiance", décrété qu'il irait "chercher la croissance avec les dents", ... Il a conquis de nombreux votes en s'affranchissant de l'impuissance du politique, là où d'autres étaient beaucoup plus prudents ("l''état ne peut pas tout"). Rien ne semblait lui faire peur, celui qui pensait à l'Elysée sûr de lui et pas seulement en se rasant, a désormais fait part de ses doutes quant à se représenter en 2012. Peut-être a-t-il déjà tiré un premier bilan ?

Commentaire n°3 posté par Vincent le 27/05/2009 à 13h17

Le sarkozisme est-il autre chose qu'un le penisme en cravate ?

Commentaire n°4 posté par Philippe le 27/05/2009 à 16h16
Le mot n'est pas tabou, même Delanoë se dit "libéral". Il est vrai que ça ne lui a pas porté chance. Le problème n'est pas tant le mot que l'action que l'on mène réellement.
Et pas sûr que la France sera plus libérale en 2012 qu'en 2002. Car les Français, qui veulent pourtant plus de pouvoir d'achet, semblent ne pas vouloir moins d'Etat providence qui leur coûte une fortune en prélèvements obligatoires. Rappelons que nous somme le pays le plus imposé au monde, ou presque.

Quant au pseudo doute sur une seconde candidature, qui de sérieux peut douter qu'une telle bête politique pourrait hésiter une seconde ?
Commentaire n°5 posté par Sully le 27/05/2009 à 16h22
bravo les amis, merci et bonne continuation a ce joli blog :)
Commentaire n°6 posté par sandrine le 27/05/2009 à 16h36
Si libéral n'est pas tabou, c'est tellement impopulaire en France que l'UMP mène actuellement une campagne électorale européenne surréaliste d'enfumage où tous les clichés à coloration sociale-démocrate sont bons, et extrêment éloignés de la réalité des politiques menées ... et du traité de Lisbonne écrit par Monsieur Sarkozy (dit la "bête" par Sully Colbert).
Commentaire n°7 posté par Philippe le 27/05/2009 à 16h55
En complément à Phillipe, je suis surtout navré de voir que l'UMP ait choisi d'envoyer Rachida Dati au Parlement Européen, pour rappel je vous joints cette vidéo, où R. Dati brille par son inconpétence "L'europe s'occupe de ce que l'on lui donne à s'occuper ..."

http://www.dailymotion.com/video/x92gnw_europeennes-rachida-dati-syembourbe_news
Commentaire n°8 posté par Romain le 27/05/2009 à 20h31
une autre séquence saisissante : http://www.politique.net/2008052202-segolene-royal-au-conseil-regional.htm
Commentaire n°9 posté par sully le 27/05/2009 à 23h34
Dati, en plus de l'incompétence, c'est l'arrogance et le cynisme personnifiés, et incarnés dans une politique injuste et démagogique à faire pâlir le front national (de fait électoralement syphoné par l'UMP).
Commentaire n°10 posté par Philippe le 28/05/2009 à 11h22
Et que dire de Barnier, qui c'est fait promettre une place de commissaire européen, et qui a mené un politique agricole libérale désastreuse, dont on voit les conséquences actuellement chez les producteurs laitiers du grand ouest. 
Commentaire n°11 posté par romain le 28/05/2009 à 14h07
la sarkozisme est (aussi) un obscurantisme, au service de la guerre de classes : "La délinquance ne procède que très rarement de la souffrance sociale, mais simplement de l'attrait de l'argent facile", a-t-il asséné (28/05/09), "ne vous laissez pas intimider par la dictature des bons sentiments".
Commentaire n°12 posté par Philippe le 28/05/2009 à 16h53
Le bon sens et le langage de vérité gêne une certaine gauche anar.
Commentaire n°13 posté par amoniaqué le 28/05/2009 à 23h39

« Bon sens » ou « sens commun » sont le plus souvent une désignation prétentieuse de bêtise et préjugés.

Commentaire n°14 posté par Philippe le 29/05/2009 à 09h34
  • La sécurité est un droit fondamental pour chaque citoyen.

    Si la politique sécuritaire de N Sarkozy était efficace nous le saurions. Celà fait 7 ans qu'à chaque scrutin , il nous assène le même discours excessif (" langage de vérité"selon certains).

    Mais que sont les faits?

    Un aveu d'échec patent dans une réalité  aussi grave.
Commentaire n°15 posté par M-A le 29/05/2009 à 20h06

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