Partager l'article ! "Une occasion historique de réorienter la construction européenne": Harlem Désir, débuté européen sortant, et tête de liste du Parti ...
Harlem Désir, débuté européen sortant, et tête de liste du Parti Socialiste pour la région Ile-de-France, répond aux questions de Jérôme Fortin pour les Nouvelles de
Bourg-la-Reine.
Jérôme Fortin : Les partis conservateurs sont majoritaires en Europe depuis ces 5 dernières années, quel bilan en
tirez-vous ?
Harlem Désir : La droite européenne est non seulement majoritaire dans la plupart des Etats-membres, mais elle l’est
aussi au Parlement Européen où elle détient la présidence de la Commission européenne avec José Barroso. Son bilan est clair : c’est l’affaiblissement de l’Europe. On constate que la belle idée
européenne est en proie au désenchantement des citoyens, face à la panne démocratique et sociale de l’Union, mais aussi face à son incapacité à parler d’une voix forte et cohérente sur la scène
mondiale. Les conservateurs n’ont pas pris la mesure de la crise européenne ni répondu aux doutes des Européens sur leur avenir commun. Ils disposaient de tous les pouvoirs, ils portent donc une
grave responsabilité.
Les socialistes et sociaux démocrates européens sont regroupés autour d’un texte le Manifesto, quel projet
porte-t-il pour l’Europe?
C’est un événement historique qui mérite d’être salué : l’ensemble des progressistes européens ont adopté pour la
première fois un socle politique commun. Nous y affirmons nos valeurs partagées et formulons 71 propositions claires pour revitaliser la construction européenne et améliorer la vie quotidienne
des Européens. C’est un projet de gauche, réformiste, moderne et centré sur les citoyens d’abord. Le Manifesto propose non seulement des réponses européennes à la crise, mais aussi un nouveau
modèle alternatif pour une Europe plus démocratique, plus solidaire, plus écologique, mieux armée dans la mondialisation.
On dit souvent que les Français s’intéressent peu aux élections européennes ; pensez-vous que la situation
économique et sociale actuelle aura un impact sur la participation?
Il est essentiel que les citoyens votent le 7 juin. D’abord parce que l’Europe le mérite. Ensuite parce que c’est une
occasion historique de réorienter la construction européenne. Aujourd’hui, la situation économique et sociale est, à juste titre, la principale préoccupation des citoyens. Les conservateurs n’ont
pas su répondre à la violente crise qui frappe désormais l’Europe. Pire, c’est leur système, le capitalisme financier dérégulé, qui menace d’entraîner les travailleurs européens dans sa faillite.
Et ils persistent à attaquer les droits des travailleurs, comme avec la directive temps de travail qui menace de faire passer la durée autorisée de travail hebdomadaire à 65 heures. Pour cette
raison, il faut clairement sanctionner la droite de Sarkozy et Barroso.
Plus personnellement, quels sont les 2 ou 3 points que vous souhaitez valoriser au cours de cette
campagne?
En juin prochain, nous devons poser des actes forts pour changer l’Europe. Les socialistes défendront un nouveau modèle
économique européen. En misant sur l’économie de la connaissance, avec un investissement massif sur la recherche et l’éducation, mais aussi sur l’économie verte et l’excellence environnementale,
nous pouvons donner un temps d’avance à l’Europe dans la mondialisation. Nous défendrons aussi une Europe plus efficace car plus solidaire, avec un Etat providence revalorisé, une directive cadre
sur les services publics et un accord sur les salaires dans tous les Etats-membres. Enfin, je crois en une Europe indépendante sur la scène mondiale, qui parle à égalité avec la nouvelle Amérique
d’Obama, aux antipodes de l’alignement atlantiste que nous impose Nicolas Sarkozy aujourd’hui.