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Compte-rendu de la réunion de section du PS de Bourg-la-Reine du 18 juin.
Le texte de Denis Peschanski, secrétaire de section, à la fin de ce compte-rendu, ouvre le débat sur la situation du PS au lendemain des élections européennes. Une quarantaine de militants sont présents, et la soirée donnera lieu à une dizaine d’interventions de militants. Le compte rendu ci-dessous reprend les axes dominants du débat. Sauf exception (notée), ils ont été l’objet d’un large consensus et, pour éviter la lourdeur d’un verbatim, nous avons choisi de le présenter comme un texte construit.
Juste pour rappel, à Bourg-la-Reine :
Taux de participation 54%
Majorité présidentielle : 32 %
Europe Ecologie : 22.6 %
Parti Socialiste 14.2 %
Modem 10.8%
Premier constat à partir de ces résultats : la participation à Bourg-la-Reine est supérieure d’environ 10 points à la moyenne nationale. C’est une observation que l’on retrouve à chaque élection et qui s’explique par la configuration sociologique de la ville (beaucoup de CSP +). Il faut noter que ce sont les quartiers populaires qui ont le moins voté (35% de votants aux Bas Coquarts).
Les élections européennes sont des élections « à part » et qui donnent souvent lieu à quelques « surprises ». Pour cette élection notons le très bon score de la liste Europe Ecologie, qui peut s’expliquer en partie par une tête de liste charismatique (le couple Cohn Bendit + Eva Joly) mais pas seulement. La liste du Parti Socialiste ne récolte que 14.2 %, un résultat comparable au score obtenu en Ile-de-France, même si c’est deux points au-dessus de la moyenne du 92 et le 9e meilleur résultat du département après, pour l’essentiel, des municipalités de gauche.
Ce mauvais résultat du PS doit mettre sur la table trois pistes de réflexion :
-un problème identitaire : le message porté par le PS n’est pas entendu, d’ailleurs quel est le message du PS ?
-un problème de fonctionnement du Parti
-un problème de leadership au sein du Parti
1- Un problème identitaire : le message porté par le PS n’est pas entendu, d’ailleurs quel est le message du PS ?
Retour sur la campagne européenne : nous nous interrogeons « pourquoi un bulletin si illisible ? », « pourquoi avoir commencé la campagne si tard ? », « pourquoi des tracts d’aussi mauvaise qualité ? »
Il y avait un programme basé sur la « Manisfesto », mais nous n’avons pas su l’utiliser dans son aspect le plus novateur : l’esquisse d’un modèle de développement autour de la
trilogie, efficacité économique, sécurité pour la sphère sociale et exigence environnementale.
Un militant se demande « le PS serait-il devenu nul ? ». On est en effet en droit de s’interroger ! Car l'époque nous est propice. La crise actuelle constitue de facto la critique la plus explicite et la moins contestable qui soit du capitalisme. Elle pourrait être pour le PS l'opportunité de se redresser, de proposer, de canaliser la colère des travailleurs précarisés, appauvris ou licenciés. Pourtant le constat est là : les classes populaires et les jeunes ne se sont pas déplacés pour aller voter. L’électorat de gauche existe bel et bien. Mais il ne se donne qu’à ceux qui lui semblent faire exister de manière concrète le concept de gauche.
Le Parti Socialiste est un parti politique, au passé glorieux avec des élus encore nombreux. Mais il n’est plus une identité politique immédiatement identifiable.
Avant de penser en termes de programme ou de thématiques précis, il faut revenir d’abord aux valeurs fondamentales et aux principes. Il faut redéfinir des lignes forces sur lesquelles le
Parti doit se positionner : répartition des richesses, impôts, justice sociale, égalité/équité des chances, rôle de l’Etat, modèle de croissance, place de l’urgence écologique… Nous
militants devons nous retrouver autour de 4 ou 5 grands principes, fermes et clivants. Car quand on saura pourquoi on est de gauche, il sera beaucoup plus simple de bâtir un programme et un
programme cohérent.
Alors, la rénovation, il ne faut pas qu’en parler, il faut la faire ! Cette rénovation aurait du être effectuée après l’échec de 2002. Nous ne pourrons pas préparer les régionales sans faire l’économie d’une rénovation !
Il est également essentiel d’imposer une dynamique trans-partis, pour reconstruire, se fédérer, ou se confédérer avec toute la gauche. Or c’est au PS, qui est le « moteur » de la
gauche d’initier se rassemblement de toute la gauche. Il faut mettre toutes les tendances autour de la table, pour mettre clairement au jour nos accords et nos divergences, sujet par sujet,
sans se laisser parasiter par des velléités de contre-distinction, les uns sur le dos des autres.
2-Un problème de fonctionnement du Parti ?
Nous pensons qu’il ne faut pas abandonner le travail de « rénovation » à quelques « experts » qui
sont toujours les mêmes ! Au contraire il faut donner la parole aux militants et associer très largement tous les citoyens de gauche, et tous les intellectuels que l’on n’a pas
l’habitude d’entendre. La Parti socialiste doit reconquérir son électorat (classes populaires et étudiants se sont massivement abstenus).
Les primaires ? Pour la plupart des présents, ce n’est pas la question prioritaire. Il faut mettre à l’écart les ego et leurs ambitions personnelles. L’urgence est de revenir aux
valeurs fondamentales et aux principes. Certains considèrent que c’est le moment de donner réellement sa chance à une nouvelle génération politique ; d’autres que, là encore, on ne pose
pas ainsi la vraie question, celle de notre identité et de la justification de notre existence.
Sur le fonctionnement concret de notre fédération du 92 et du national, plusieurs intervenants considèrent qu’il est nécessaire que soit rationalisée l’organisation de nos directions nationales et fédérales, avec un resserrement et une définition claire des compétences de chacun, que le nombre de mandats cumulés au sein des organismes représentatifs soit limité, afin que chacun soit disponible pour exercer la fonction qui lui revient
3-Un problème de leadership au sein du Parti ?
Il est évident que le résultat de ce vote est également une sanction à l’image déplorable qu’a donnée le congrès de
Reims. Nous militants sommes en colère, voire désespérés par l’image que donne l’état-major du PS ; par exemple tous les militants présents sont scandalisés par l’affichage de candidatures
pour 2012 dès le soir de la défaite du 7 juin ! Nous demandons donc à notre première secrétaire, que nous avons élue et que nous soutenons, d’engager une véritable rénovation des idées et
du fonctionnement du Parti, en associant directement les militants.
Compte rendu réalisé par Jérôme Fortin, secrétaire adjoint de la section
Ce qui m’étonne particulièrement après ces dernières élections, mais en fait depuis fort longtemps, c’est l’absence de réflexion en profondeur sur la tactique électorale et la préparation des élections. Je ne sais pas si je m’explique bien. Mais le Parti Socialiste, et d’une façon plus générale la Gauche, me semblent jamais être dans la course. Comme si on préparait une équipe de rugby pour jouer au football, ou si on se lançait dans une formation en science pour passer un concours littéraire. On peut préférer le jeu à quinze à celui à onze, on peut avoir un faible pour l’algèbre plutôt que pour la dissertation, mais le résultat prévisible sera dans tous les cas un échec, en particulier si ceux d’en face se sont eux bien mis en condition pour le concours. La qualité des hommes n’est pas en cause ni la pertinence des idées, mais tout cela me paraît tomber chaque fois hors de la plaque.
Il ne s’agit pas bien sûr de vendre son âme pour gagner une élection. Il n’y a pas lieu non plus de s’obnubiler sur la « cuisine électorale », comme définir à contre temps la méthode de sélection de l’équipe ou se lancer trop tôt dans la course. Il est un temps pour tout. La voie est étroite. Il ne faut pas oublier nos idées (sans couper les cheveux en quatre : les querelles byzantines n’intéressent pas les électeurs de base). Sans confondre la fin et les moyens, il faut se plier aux règles du temps et choisir avec soin la ou les personnes à élire et les points à mettre en avant (on peut le regretter mais nous vivons à l’époque de la pub et beaucoup y sont sensibles). Tant que tous les moyens ne seront pas orientés vers un seul but « gagner », la Gauche et le Parti Socialiste seront d’éternels perdants.
Mais, sans aucun doute, comme je suis manifestement minoritaire en prônant cette voie, ai-je politiquement tort…