Jeudi 15 mars 2007
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Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale vu par Plantu
paru dans LeMonde (cliquer l'image pour agrandir)
Le président de la République, dans son allocution du 11 mars 2006, n'a pas annoncé son soutien à Nicolas Sarkozy. Jacques
Chirac s'est toujours fermement opposé à tout lien avec l'Extrême Droite, à toute utilisation de son idéologie. Et il l'a à nouveau rappelé dans son discours. Dès lors on comprend mieux que le
président de l'UMP, privé du soutien direct et chaleureux de l'Elysée, se sente désormais libre d'exploiter ces thèmes-là. C'est la première fois depuis la montée de Le Pen dans les années 80,
qu'une telle brèche est ouverte...
Simone Veil, pourtant ralliée au candidat de l'UMP, n'a pas caché son embarras et a fait part de son envie de renommer le dit ministère. Elle avait déjà émis des réserves lorsque Nicolas Sarkozy
avait utilisé les termes "racaille" et "Kärcher" lors de ses déplacements en banlieue.
L'approche de Ségolène Royal
est bien plus fidèle aux fondements républicains. "La nation ne distingue ni Blancs, ni Noirs, ni Jaunes, ni chrétiens, ni juifs, ni musulmans. Nous sommes tous
des citoyens à égalité de droits et de devoirs, il n'y a pas les Français de souche et les Français de feuillage et de branchage. Chacun peut aimer sa Bretagne ou son Algérie natale et être
pleinement citoyen français." Selon la candidate du PS, "l'histoire de notre pays, c'est l'apport continu de diversités. (...) La France de demain sera
toujours plus diverse, mais toujours fidèle à ses origines. (...) Avec moi, l'identité nationale ne disparaîtra pas dans la mondialisation ou le repli sur soi."
L'historien Pierre Birnbaum donnait sa vision des choses dans un entretien paru sur le site internet du quotidien Le Monde daté du 14 mars 2006 : "Le grand défi
de notre société française est de dépasser ces visions schématiques d'une nation enfermée et protégée et cadenassée, en maintenant ce qui a fait sa spécificité historique, tout en redécouvrant
que depuis la nuit des temps elle est faite de groupes sociaux extrêmement multiples, variés et divers, d'immigration permanente, de populations extrêmement hétérogènes. La France est par
excellence, avec les Etats-Unis, une société d'immigration. De manière paradoxale, la France est la plus proche dans le monde entier peut-être des Etats-Unis. Elle est, comme les Etats-Unis, une
terre d'immigration, sauf que les Etats-Unis s'en souviennent toujours et que le creuset national à la française ne souhaite pas s'en souvenir.
C'est
là tout le défi de notre société que de conserver sa mémoire en redécouvrant son histoire multiple. Et je dirais par-delà les idéologies rivales, qui schématisent à outrance, d'accepter de
reconnaître que l'identité de la société française est faite de multiples identités, tant internes (les patois, les pays) qu'externes, qui méritent tous, les uns et les autres, de conserver leur
légitimité au sein du rêve national."
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