Le Parti Socialiste de Bourg-la-Reine
Adrien Peschanski est étudiant en bilicence d'Histoire-Sciences Po à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il siège au Conseil d'administration en tant que représentant de l'UNEF.
Un plan de relance efficace allie deux impératifs. Celui de répondre à une situation d’urgence mais aussi d’engager des dépenses sociales utiles. Ce postulat de la pensée économique permet d’analyser les différents plans proposés en Europe et dans le Monde mais aussi de fustiger la relance française qui n’apporte aucune réponse à la crise économique et sociale que nous vivons. En effet, Nicolas Sarkozy a annoncé 26 milliards de dépenses pour relancer l’économie.
Insuffisant, mensonger et inefficace, le plan sarkozyste correspond à une idéologie néolibérale qui a conduit le monde à la crise. Tout d’abord, l’investissement réel s’élève seulement à 4 milliards d’euros. En effet, 11,5 milliards correspondent au simple avancement du remboursement de dettes fiscales aux entreprises. De même, certains projets (comme les 2000 km de ligne TGV) étaient annoncées bien avant. L’investissement de l’Etat apparaît donc ridicule face à l’ampleur de la crise. Quant à la consommation, rien !! Ou presque… Les 200 euros accordés aux bénéficiaires du RSA ne sont qu’une goutté d’eau comparée aux besoins des citoyens.
Sarkozy et son gouvernement ne semblent pas avoir compris la gravité de la crise et le blocage idéologique d’une droite réactionnaire plonge la France dans une très grave crise sociale. Le FMI (fond monétaire internationale) demande un investissement massif des Etats à hauteur de 2,5% du PIB (produit intérieur brut). Sur cette base, les socialistes ont proposé leur plan qui propose des réponses immédiates et des investissements à moyen et long terme. A l’instar de la Grande Bretagne de Gordon Brown ou des Etats Unis de Barack Obama, les socialistes proposent une relance qui s’appuie sur deux jambes : celle de l’investissement que Sarkozy a minoré et celle de la consommation qu’il a choisi d’ignorer.
50 milliards d’Euros doivent donc permettre à la France de sortir de la crise. Le coût est atténué par le retrait de la loi TEPA, symbole d’une politique néolibérale oppressante et aveugle, et le remboursement de l’aide publique par les entreprises qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires alors qu’elles licencient. A l’heure d’un renouveau du système économique mondial, le parti socialiste fait le choix de la régulation économique quand Sarkozy ne fait que l’évoquer tel un slogan de campagne.
Cinq grands axes structurent ce plan :
L’augmentation du pouvoir d’achat
Au cœur du plan de relance socialiste, cette problématique nécessite des mesures immédiates d’aides à la consommation dont les principales sont l’augmentation du SMIC de 3% et un chèque de 500 euros aux 9 millions de bénéficiaires des minimas sociaux (Aux Etats-Unis, Obama propose 1000 dollars).
La baisse des prix des biens essentiels
A l’instar, de la Grande Bretagne, le Parti socialiste propose la baisse d’un point de TVA ce qui bénéficiera aux français mais aussi à l’économie puisque la part des produits issus d’entreprises françaises dans la consommation quotidienne atteint 90%.
Une réponse au chômage
Première préoccupation des français, le chômage s’accroît fortement en cette période de crise. Si les réponses ne sont pas évidentes, l’Etat se doit avant tout de montrer l’exemple en gelant les suppressions de postes dans la fonction publique. Premier licencieur de France, le gouvernement tient un double discours. 100 000 emplois aidés doivent permettre d’apporter une aide au recrutement par les entreprises.
La protection des salariés
Contrairement à ce que disent
les néo libéraux, la flexibilité du marché du travail est particulièrement développée en France. L’Etat doit donc se porter garant de la protection des salariés. Le Parti socialiste propose
le conditionnement de l’exonération de charges sociales à l’aboutissement de négociations salariales. Ainsi, l’augmentation des salaires ne doit plus être un tabou mais bien la priorité pour
le gouvernement.
Relancer l’investissement
Sarkozy promet qu’il s’agit là de sa priorité. Comme nous l’avons montré, les mesures du gouvernement s’apparentent à du saupoudrage. La France a besoin d’un réel investissement. Dans les collectivités locales qui subissent les coût d’une décentralisation non financée (le RMI depuis 2004), mais aussi dans les entreprises doivent voir moduler l’impôt sur les sociétés si leurs bénéfices sont réinvestis ou distribuer aux actionnaires.
Cinq axes pour un plan salué par les économistes. Les socialistes font le choix de la raison quand Sarkozy s’enferme dans une idéologie néolibérale. Les 2,6 milliards d’euros apportés aux salariés sont une première victoire sur les dogmes sarkozystes, mais la réponse attendue par les français n’est pas là. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et soutenir les propositions socialistes pour répondre à la crise.
Sur le fond, il faut quand même ne pas oublier que la France est le pays le plus généreux au monde sur le plan social, avec des prélèvements fiscaux et une dépense publique très élevés. Il y a donc moins nécessité qu'ailleurs à creuser encore plus les déficits et la dette. Contrairement à d'autres, le pays a des amortisseurs qui absorbent une partie du choc de la crise.
Quant aux avances de trésorerie, ils sont utiles, le but étant de remplir les carnets de commandes et de ne pas fermer les entreprises.
La jeunesse aime les adverbes et les jugements rapides, mais quand on y regarde de plus près, et avec un rien de bonne foi, on se rend compte que la réalité est très souvent grise, qu'il n'y a pas un mauvais plan de droite tout noir et un bon plan de gauche tout blanc. Cela n'interdit pas de débattre, mais entre gris clair et gris foncé comme chantait jean-jacques.
Et puis faut-il nécessairement polémiquer sur tout sans nuance et dans des termes lapidaires, pour le plaisir de s'opposer ? Pas sûr. Quand la critique est systématique, elle ne blesse plus l'acteur et n'interpelle plus l'électeur, elle devient une figure de style.